Pour un bois de Vincennes réellement protégé et valorisé

Publié le 31 Mai 2011

 La commission départementale de la nature, des paysages et des sites s’est réunie le 28 avril dernier pour statuer sur le projet d’aménagement de deux aires d’accueil pour les gens du voyage, une dans le bois de Vincennes et l’autre dans le bois de Boulogne.

La commission a rejeté le projet dans le bois de Boulogne en raison du risque d’inondation sur la zone choisie, et a approuvé l’aménagement de l’aire d’accueil dans le bois de Vincennes. La parcelle concernée se situe sur un parking au sud de l’Hippodrome entre l’arboretum de l’école Du Breuil, le lac de Gravelles et l’ensemble du centre de rétention et de l’école de Police.

 

Certes, depuis la loi du 5 juillet 2000, chaque commune de plus de 5000 habitants est tenue d’aménager une aire d’accueil pour les gens du voyage. Mais lorsque l’on est confronté à une forte densité du tissu urbain, à la rareté et la cherté du foncier atteignant 8 000 € du m² en moyenne à Paris, on peut envisager un aménagement du texte. En effet, l’obligation des aires d’accueil devrait se concevoir, non pas à l’échelle de Paris intra-muros mais à l’échelle du Grand Paris.

Cette approche est d’autant plus logique que les communes voisines n’ont pas été consultées. Ainsi, considérer cet aménagement à l’échelle du Grand Paris pourrait pallier le manque de concertation qui a caractérisé ce projet depuis le début.

 

Il faut savoir que l’aménagement du site prévoit 28 emplacements, 13 bâtiments sanitaires individuels (sanitaire et cuisines) et un bâtiment d’accueil pour un coût de 4,5 millions d’€.

Le projet met en valeur l’utilisation de matériaux en bois, les constructions en éléments préfabriqués et la réversibilité des installations. Mais il se veut plus discret sur les fondations des bâtiments qui seront en béton armé et sur l’ensemble des raccordements aux réseaux que cet aménagement implique.

En 2003, le bois de Vincennes a fait l’objet d’une charte d’aménagement durable reprise par le plan de gestion arboricole 2006-2020 afin de favoriser la restauration des milieux naturels. Ces derniers temps, cette volonté politique est entachée par des réalisations contradictoires pour le moins inesthétiques telles que la construction des logements d’urgence ADOMA situés à la porte dorée ou encore le centre de rétention administrative.

 

Rappelons que le bois de Vincennes est avant tout un site classé. Ce nouveau projet nous interpelle sur la nécessité de légiférer une fois pour toute, pour que les deux seuls bois de Paris soient réellement traités en sites classés. Et quelqu’en soit la raison, les bois ne doivent en aucun cas constituer des réserves foncières et être sacrifiés de la sorte.

 

Je citerai le projet de campagne des verts qui demeurent bien silencieux à ce sujet :

« Rendre aux Bois de Vincennes et au Bois de Boulogne leurs vocations d’espace naturel : engager une réflexion sur la forêt durable et la biodiversité pour reconstituer le patrimoine forestier. En finir avec des Bois urbanisés et envahis par les voitures, réunifier Paris et ses Bois. »

 

Valérie Montandon

Rédigé par valeriemontandon

Repost 0
Commenter cet article