Les fausses notes de la réforme des conservatoires parisiens

Publié le 25 Septembre 2017

Les conservatoires de musique de la ville de Paris sont saturés. Votre réforme ambitieuse sur le papier n’en est plus à sa première fausse note. Vous avez voulu tout changer et bien entendu rien n’a changé. Pire encore, leur situation s’est dégradée

Nous le savons, les conservatoires de la Ville bénéficient d’une forte notoriété et popularité. Chacun sait reconnaitre la qualité de l’enseignement qui y est proposé. Ce succès est d’ailleurs confirmé par les listes d’attente extrêmement longue de jeunes Parisiennes et Parisiens souhaitant les intégrer. Premier bémol que vous avez instauré : Le tirage au sort lors de l’inscription. Laisser au hasard le choix des élèves plutôt qu’aux professeurs n’a rien su créer d’autre que de la frustration et de l’injustice. C’est encore une fois de plus une confusion entre l’égalité et l’égalitarisme qui  sévit et qui guide cette réforme.

La réalité est ainsi : les conservatoires sont surchargés et la réforme n’a pas endigué ce mouvement. Pire encore, elle a compliqué les choses.

Car plutôt que de renforcer l’offre proposée aux Parisiens en augmentant le nombre de places dans les conservatoires pour répondre à la demande croissante, vous avez fait le choix d’augmenter le nombre de leurs missions. C’est ce que nous révèlent les différentes délibérations débattues aujourd’hui : les partenariats avec les associations, les centres d’animations et les établissements scolaires sortent du champ de compétence premier des conservatoires. Et le mélange des attributions ne peut mener qu’à une perte de repère et un affaissement de l’enseignement.

Nous avons la chance à Paris d’avoir différentes structures offrant des activités extra-scolaires. Elles sont utiles, nécessaires et appréciées par les Parisiens. Les nombreuses activités proposées par les centres Paris’anim sont ainsi fortement plébiscitées. Néanmoins, leur objet est tout autre que celui des conservatoires. Et je m’étonne que ce qui tombe sous le sens pour l’ensemble de la population ne le soit pas pour vous. Car les centres Paris’Anim et les conservatoires ont deux objets distincts. Les premiers proposent des activités d’animation alors que les seconds visent à former des musiciens, qui acquièrent au cours de leur formation un niveau d’excellence.

La qualité de l’enseignement au conservatoire est en effet, chaque jour un peu plus menacée. Les professeurs passionnés par leur métier, s’évertuent à porter leurs élèves à un niveau d’excellence et font tout leur possible pour compenser leurs conditions de travail. Car pour répondre à des objectifs purement politiques, en créant des passerelles symboliques vers un monde que vous estimez, à tort, élitiste, vous êtes prêts à détourner les professeurs de leur mission première en leur confiant d’autres missions qui ne relèvent pourtant pas de leurs attributions.

Cette logique politicienne ne peut mener qu’au dévoiement de nos conservatoires. Les professeurs devront chaque jour un peu plus se soumettre à la volonté d’un exécutif parisien désireux de créer des partenariats tout azimuts au nom de l’égalité des chances.

Pourtant, Madame la Maire, il n’y a rien de cruel à vouloir différencier la pratique de la musique par plaisir ou divertissement, de celle qui vise à faire carrière, à jouer pour vivre et vivre pour jouer. Les conservatoires savent façonner des talents qui nous rendent fiers. Alors Mme la maire, il est temps de changer de partition, de faire quelque chose sans tambour ni trompette : Donnons tout simplement aux conservatoires, les moyens d’accomplir leur mission première : former des musiciens.

Rédigé par valeriemontandon

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