Ma contribution à l’enquête publique sur le Projet Bercy Charenton

Publié le 22 Décembre 2016

 

Etranglé entre une autoroute urbaine, les voies ferrées et le boulevard périphérique, le territoire de Bercy-Charenton représente, sur plus de 63 hectares ( 70 hectares en incluant le secteur Léo Lagrange) , la dernière grande opportunité foncière de Paris. C’est aussi la plus exigeante, compte tenu des 29 hectares d’emprise ferroviaire qui le structurent.

L’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) a conduit, dès 2008, une série d’études concernant l’avenir de ce site complexe, qu’elle qualifie de « chaînon manquant » entre Paris et les communes le long de la Seine en amont. L’APUR proposait de réaliser la couverture intégrale des voies de chemin de fer, seul moyen de mettre fin à l'enclavement du quartier Cour Saint-Emilion et de créer le lien avec Charenton le Pont : un choix ambitieux, exigeant et de bon sens permettant de créer un quartier de plus d’un million de mètres carrés.

Les enjeux sont multiples : il s’agit à la fois de recoudre les quartiers du sud-est du 12ème arrondissement, de donner aux habitants des quartiers adjacents un accès au Parc de Bercy et à la Seine, de supprimer, là où cela est possible, les nuisances liées aux voies ferrées et enfin ouvrir Paris sur Charenton.

Il m’apparait ainsi indispensable et évident d’effacer les infrastructures ferroviaires par la couverture des voies de chemin de fer.

Lancé en 1991 par Jacques Chirac, le Quartier Paris Rive Gauche, qui se structure entre la Gare d’Austerlitz, la Bibliothèque François Mitterrand, et le boulevard des Maréchaux, a démontré que construire en recouvrant les voies de chemin de fer pouvait donner naissance à un quartier aux qualités urbaines avérées et surtout agréable à vivre.

Le quartier tel que je le conçois ainsi que les élus du groupe les Républicains du 12eme arrondissement devrait naître au-dessus des voies. C’est pourquoi le projet devrait comporter la couverture intégrale des voies, depuis la halle Gabriel Lamé jusqu’à Charenton. Il est d’ailleurs utile de préciser qu’il s’agit pour l’essentiel des recommandations que l’APUR avait émises en 2008 mais qui sont tombées dans l’oubli et qui n’ont pas été reprises par la municipalité.

En effet, le programme prévu par la Ville consiste à ne construire que sur les emprises en pleine terre rapidement libérables. Du fait des différents niveaux altimétriques de référence dans le secteur, ce schéma obère la capacité ultérieure à réaliser des couvertures du faisceau ferroviaire. Il s’agit donc d’un choix largement irréversible et lourd de conséquences.

 

Des tours de grandes hauteurs entourées de rails laissent présager un quartier encore plus enclavé et soumis aux nuisances sonores et visuelles ce qui est difficilement compréhensible pour un projet du XXI eme siècle !

Les tunnels de Baron-Le-Roy sont porteurs d’une double identité : garde-manger et cellier de Paris hier, lieu d’artisanat et de création aujourd’hui. C’est autour de ce double héritage que doit se construire l’avenir non seulement des tunnels, mais aussi du quartier. La force et le charme d’un quartier viennent de sa capacité à se construire et à vivre sur sa propre histoire. Les températures basses permettant la conservation de denrées est aussi un atout écologique qu’il faut valoriser et surtout ne pas détruire.

Ces derniers devraient ainsi être aménagés pour permettre à davantage d’artisans et de petites entreprises de s’y installer. Compte tenu des caractéristiques de l’endroit, il devrait y être privilégié les entreprises qui peuvent mettre à profit les basses températures et réaliser une économie d’énergie, ainsi que celles qui ont besoin de places et qui génèrent des nuisances sonores.

Le projet d’aménagement sur le secteur Léo Lagrange acte la volonté d’une densification urbaine, d’une destruction des espaces de respiration et d’arbres anciens dans la ville de Paris qui est déjà la plus dense d’Europe. Il pose la question de l’utilisation des stades et des espaces de respiration comme nouveaux terrains à bâtir, ce qui est condamnable et là aussi irréversible. La rénovation des équipements du stade Leo Lagrange pourrait être envisagée sans densification et en respectant les espaces de respirations si rare à Paris ainsi que les arbres anciens déjà existants.

En résumé : le projet Bercy Charenton de la ville de Paris manque de vision, de modernité et refuse la couverture des rails qui est pourtant une exigence pour créer un quartier désenclavé, avec des immeuble à taille humaine et sans les nuisances des voies ferrées

Les immeubles les plus hauts peuvent atteindre une hauteur de 180 mètres. Il est aussi noté que « ce territoire offre l’opportunité de proposer là un paysage urbain fort » Il est clair que des tours entourées de voies de chemin de fer laissent se profiler un quartier décousu, enclavé et qui défigure non seulement le 12eme arrondissement, mais tout Paris. Les visuels qui sont déjà décevants et inesthétiques sont un très mauvais présage des réalisations.

Ce projet cumule les handicaps et les erreurs d’urbanisme déjà constatés pourtant des décennies passées. Il n’est pas digne des avancées techniques, ni du progrès en terme d’architecture, ni du siècle dans lequel nous vivons. Il est aussi contraire à l’intérêt et au bien-être des parisiens qui aspirent à un cadre de vie apaisée, des espaces de respiration et des immeubles à taille humaine. Il mérite d’être révisé en profondeur.

Pour connaître mon contreprojet présenté pendant la campagne municipale vous pouvez le consulter sur la page dédiée à Bercy Charenton sur ce blog

Rédigé par valeriemontandon

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