PLU: pour sanctuariser les espaces verts et éviter les quartiers ghettos

Publié le 7 Juillet 2016

Je vous prie de trouver ci joint mon intervention lors du débat sur la modification du PLU

Mme Valérie MONTANDON. - Merci, Monsieur le Maire.

En préambule, permettez-moi, Monsieur MISSIKA, de vous dire que la réponse que vous avez faite à notre présidente de groupe sur le dépôt hors délai du P.L.U. et de l’ensemble des documents avant les Conseils d’arrondissement, n'est pas satisfaisante. Cela prouve peut-être le peu d'intérêt que vous avez pour cette instance locale, et cela traduit et explique votre absence au dernier Conseil d’arrondissement lors du débat du P.L.U., dans le 12e arrondissement.

Avec ces 21.000 habitants par kilomètre carré, Paris est, de loin, la capitale la plus dense d'Europe et devance aussi des villes telles que Tokyo, Séoul, en termes de densité urbaine. Ainsi, il est légitime que les Parisiens aspirent à plus d’espaces de respiration dans leur ville. La modification du P.L.U. était l'occasion de sanctuariser les espaces verts et les espaces de respiration. En l’état, il se pourrait bien que ce soit un rendez-vous manqué.

La Ville affiche, certes, des objectifs favorisant la végétalisation de Paris, à savoir 100 hectares, soit 30 hectares supplémentaires dans ce P.L.U. Or, encore faut-il réserver les parcelles à cette fin. Les espaces verts ne sont pas aujourd'hui tous classés en zone urbaine verte, ce qui permet et rend plus facile le changement des destinations. C'est pour cela que notre groupe, à travers différentes propositions, vœux et amendements, vous demande de bien vouloir sanctuariser les espaces verts et les espaces de respiration dans la ville, de recenser ces espaces et de les annexer au P.L.U.

Cette volonté de densifier la ville est visible à travers différentes parcelles et projets en cours. Dans le 12e arrondissement, le projet de rénovation de la cité scolaire Paul-Valéry est, certes, nécessaire, mais à la vue de ce P.L.U., on voit que vous voulez créer de nouvelles voies de circulation. Le projet qui se profile est une véritable densification, avec la création de bâtiments bien supérieurs en nombre aux bâtiments existants.

C'est pour cela que nous vous demandons de bien vouloir faire en sorte que le projet d'extension immobilière sur la cité soit abandonné et que soient maintenus simplement les équipements sportifs,les équipements d'ordre scolaire, universitaire et de petite enfance sur ce site et que toutes les surfaces dédiées aux espaces de récréation, de détente et espaces verts soient maintenues.

J’attire votre attention sur le fait que nous sommes favorables à la végétalisation des toits, mais que ces derniers ne doivent pas se substituer aux espaces verts au sol. C’est aussi dans ce même état d’esprit que nous vous demandons de pérenniser aussi les équipements sportifs Léo-Lagrange, sur la future Z.A.C. "Bercy Charenton". Je me réjouis de découvrir un vœu sur table de l'Exécutif qui va dans ce sens.

De même, le 12e arrondissement n’est pas le seul arrondissement concerné. Il existe aussi dans le 17e arrondissement, par exemple, des projets de construction qui ne doivent pas réduire la place du végétal, notamment celle des espaces verts remarquables, ou se situer en zone dense au sein des ensembles de logements sociaux, comme c'est le cas au 98, rue des Dames, ou encore au 230, rue de Courcelles.

Pourquoi une volonté aussi affichée de vouloir densifier notre ville et de bétonner un peu plus la Ville de Paris ? La réponse est claire : c'est-à-dire densifier coûte que coûte pour créer du logement social dans des zones qui sont pourtant pourvues déjà de logements sociaux. De nombreux quartiers à Paris ont vu, en effet, la mixité sociale se fragiliser. L'exclusion systématique de la classe moyenne dans des attributions de logements sociaux a fragilisé le vivre ensemble dans certains quartiers. C’est dans cet état d’esprit que nous vous préconisons aussi que, sur la base d'un découpage de quartiers I.R.I.S. de l'I.N.S.E.E., il ne soit plus construit de logements sociaux lorsque le taux excède un tiers de l'ensemble des logements, afin de garantir une véritable mixité sociale dans nos quartiers et de ne pas constituer des quartiers ghettos.

Je tiens à préciser que ce dispositif ne concerne ni le logement intermédiaire, ni les rénovations urbaines. Il concerne la préemption, le reconventionnement et la construction dans des quartiers déjà fortement pourvus.

Merci.

Rédigé par valeriemontandon

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