Pour l'experimentation d'un budget d'autonomie pour les lycées publics franciliens

Publié le 19 Mai 2016

Madame la Présidente,

Madame la Vice-Présidente,

Mes chers collègues.

Si il y a bien une chose qui manque dans la tradition des collectivités locales, c’est bien cette volonté de casser les codes, de repenser les dispositifs dont le potentiel est sous-exploité.

Depuis le début de ce mandat, nous ne pouvons que nous féliciter de voir fructifier au sein de cet hémicycle un certain nombre de projets totalement innovants qui peuvent très bien à terme changer la face de la région. Bien évidemment, ces dispositifs ne seront pas tous parfaits… Mais comme disait un homme engagé et passionné Jacques Brel , « il n’y a qu’un seul luxe dans la vie, celui de pouvoir se tromper, ce qui m’irrite plus c’est la prudence, l’immobilisme» : Cette citation résume très bien notre état d’esprit celui d’innover, d’agir, de laisser des marges de manœuvres ceux qui ont envie de faire. Cette citation résume aussi l’état d’esprit des orateurs des bancs de l’opposition, celui de l’immobilisme. Il faut continuer à innover pour sortir des impasses et anticiper l’avenir plus sereinement. On nous reprochera toujours l’inaction, rarement l’innovation.

C’est exactement vers ce à quoi tend ce rapport qui nous est aujourd’hui proposé.

En 2015, 10% des lycées étaient en sureffectif. En 2022, 18.000 places manqueront. Aujourd’hui, si je prends deux exemples simples pour réparer des toilettes ou changer un poste d’ordinateur usagé, il faut passer par tout un processus administratif énergivore et chronophage. C’est maintenant qu’il faut être créatif, c’est ici qu’il faut inventer des solutions pérennes qui concourront aussi bien au choc de simplification voté ici même en mars dernier, mais aussi aux besoins primaires de chaque établissement Public locaux d’enseignement (EPLE) à la charge de la Région.

Etant élus de Paris où sont présents 188 lycées, je ne peux que adhérer à la logique de ce projet. Ce sont 188 lycées en apparence semblables, qui pourraient avoir des problématiques communes, mais qui font en réalité face à des problèmes de gestion d’ordre totalement divers. Cela passe par des besoins de crédits spécifiques pour du matériel informatique, mais également pour des petits travaux de maintenance, ou encore pour adapter les postes au mieux de la physionomie de l’établissement. Si je peux constater ces situations parfois antinomiques dans un arrondissement de Paris, je vous laisse imaginer les fossés qui peuvent exister sur un territoire aussi vaste qu’est l’Ile de France ! Un lycée de campagne situé aux abords de Rambouillet aura forcément d’autres préoccupations qu’un lycée en zone sensible comme à Bagnolet ou Saint-Denis.

C’est pourquoi il nous semble pertinent de laisser une marge de manœuvre à chaque Conseil d’Administration lycéen pour qu’il puisse apprécier lui-même les domaines d’interventions sur lesquels il peut agir avec efficacité et réactivité. C’est tout simplement un dispositif de bon sens.

En effet, il ne s’agit pas ici d’accorder une totale autonomie aux lycées. La Région ne se substituera pas à l’Education Nationale dans le choix du personnel enseignant. Les lycées ne seront autonomes que dans les actions concernant la vie lycéenne en tant que telle ainsi que les petites œuvres de maintenances, je pense que ça ne me parait pas insurmontable.

Ce budget dont disposera chaque lycée pourra en outre être extrêmement utile dans la lutte contre le décrochage scolaire puisque les établissements pourront directement actionner des leviers au cas par cas pour ramener ces élèves sur les chemins du pupitre et des études. Vous comprenez d’emblée le lien avec le plan de lutte contre ce fléau qui nous est présenté dans cette même séance. Outre ces aspects, procurer ce niveau d’autonomie aux lycées permettra de contribuer à une vie lycéenne plus florissante. Les élèves pourront en effet se retrouver porteurs de projets dans un cadre culturel ou d’animation du lycée, ce qui sera extrêmement enrichissant et revalorisant !

Vous l’aurez compris, en dehors de la simplification qu’il procure à tous les niveaux, ce projet promet d’élargir un certain nombre d’horizons qui amélioreront le quotidien des lycéens et des établissements.

Egalement, nous ne pouvons que souligner l’intelligence de mise en place de ce dispositif. Que tout le monde se rassure, il n’est dans l’intérêt de personne qu’il soit imposé à tous les lycées dès la rentrée prochaine. Nous devons d’abord évaluer les effets d’une telle autonomisation, qui sera une grande première en France. Le voter rapidement nous permettra d’en estimer les premières conclusions dès la fin de cette année scolaire. Les lycées volontaires seront en effet en mesure de nous remonter les faiblesses et les grands avantages de notre mesure. Nous sommes persuadés qu’il est essentiel de les inclure dans le diagnostic de ce dispositif : après tout, ils sont les mieux placés pour connaître leurs besoins et les difficultés rencontrés à la suite de ce gain en autonomie.

Sur les bancs de l’opposition , j’ai entendu des arguments infondés tels que « dangers de l’autonomie » , « l’affaiblissements du système », « la porte ouverte à tout », « les dérives néolibérales ». La Région a décidé de faire confiance à la communauté éducative et nous ne pouvons qu’adhérer à cette initiative. Oui, nous faisons en effet confiance à la communauté éducative pour des actions telles que le soutien scolaire, le tutorat, la lutte contre les décrochages scolaires, les projets lycéens ou encore l’amélioration des lieux de vie.

De fait, nous attendons avec impatience les premières estimations, et je suis sûre qu’elles seront, pour la grande majorité, positives. Celles-ci nous permettront d’étendre au fur et à mesure ce dispositif à tous nos lycées afin que chacun puisse s’inscrire dans une dynamique plus autonome, donc plus saine. En attendant, cette idée, et les perspectives qu’elle engendre, me semblent assez pertinentes pour lancer l’appel à candidature. Les lycées et les lycéens d’Ile-de-France ne peuvent en sortir que gagnants.

Compte-tenu de tous ces éléments, il est évident que le groupe les Républicains soutiendra sans hésitation les dispositions de ce rapport.

Je vous remercie.

Rédigé par valeriemontandon

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